Démarrer son activité en slowpreneuriat : est-ce que ça veut forcément dire se développer plus lentement ?

Dans cet article, j’ai envie de répondre à l’une des préoccupations majeures liées au slowpreneuriat :
Est-ce qu’adopter le mode slow pour développer son activité, ça veut nécessairement dire accepter de se développer plus lentement ?
Est-ce que ça veut dire qu’on va gagner sa vie dans plus longtemps que si l’on lance son activité de manière un peu plus classique, en travaillant plus ou en cherchant la performance ?

Pourquoi j’ai envie d’y répondre ? Parce que ça fait partie des croyances les plus ancrées concernant ce mode de travail qu’est le slowpreneuriat.

Par exemple, quand j’ai sondé ma communauté sur Instagram à ce sujet-là :

  • 53 % des répondant·e·s croyaient que c’était vrai et que, oui, ça voulait dire se développer plus lentement.
  • 25 % des personnes qui ont participé au sondage pensaient que ce n’était pas forcément le cas, mais que pour que ça puisse ne pas être plus lent, il fallait trouver l’idée de génie ! 

Si je fais le bilan, on est à plus de 3/4 des gens qui ont été interrogés, qui associent le slowpreneuriat à une certaine lenteur dans le développement d’une activité. On parle pourtant de gens qui, a priori, sont attirés par le concept puisqu’ils suivent mon compte Instagram.
C’est ça qui m’a donné très envie de creuser cette question parce que je comprends qu’est une préoccupation majeure.
Quand on est à son compte, on ne peut compter que sur soi-même pour gagner sa vie et on a souvent une espèce de “timer” au dessus de la tête. C’est lié à la fois à la pression financière qu’on peut ressentir et au rythme très rapide de la société auquel on essaie de coller.
Le slowpreneuriat, c’est très beau, mais si l’adopter, ça veut dire ressentir cette pression encore plus fort, alors on peut avoir la sensation que, finalement, les bénéfices que ça va apporter pourraient être gâchés par cet excès de stress.

Pour aborder ce sujet, j’ai décidé de comparer, à titre d’exemple, mes 2 lancements d’activité :

  • En tant que freelance, en 2017/2018,
  • Avec mon business Ma Slow Boîte (qui a remplacé ma vie de freelance à partir de janvier 2021).
 

Évidemment, mon cas n’est absolument pas une généralité, mais ça va me permettre d’avoir un exemple concret avec des chiffres qui sont à ma disposition.
Et surtout parce que, quand j’ai démarré en freelance, même si j’avais déjà un temps de travail assez “light” étant jeune maman, je n’avais pas encore acquis toute l’expérience en slowpreneuriat que j’ai aujourd’hui.

Pour résumer, je me jouais la vie, j’étais tout le temps dans le rush et j’étais très stressée par rapport à maintenant. La différence et j’en reparlerai plus loin dans l’article, c’est que, pour le développement de Ma Slow Boîte, j’étais beaucoup plus détendue.

C’est quoi le slowpreneuriat ? Petit rappel avant d’analyser mes deux activités

Avant de faire cette petite analyse et de parler chiffres, laisse-moi te rappeler que le slowpreneuriat, c’est une manière d’entreprendre en respectant qui tu es, avec sérénité et en gardant suffisamment de temps pour les autres choses de ta vie.

Chacun d’entre nous va avoir sa version, son interprétation et sa mise en pratique du slowpreneuriat. Ça va dépendre de son métier, de ses objectifs, de son mode de fonctionnement et aussi de ce qu’il y a dans sa vie en dehors de son boulot.

Pour moi, ça donne environ 20 heures de travail par semaine, mais je connais d’autres slowpreneurs qui bossent deux fois plus, parce qu’ils sont célibataires et sans enfant et que ça leur laisse encore plein de temps pour le reste et de temps pour eux. Moi, je dois, en plus de mon travail, avoir du temps que je dédie à ma famille et après, il faut qu’il me reste du temps pour moi.

Le slowpreneuriat, c’est travailler moins, mais mieux. Quand on dit “moins”, c’est par rapport à ce qu’on ferait si on ne travaillait pas en mode slowpreneuriat. Donc quelqu’un qui est slowpreneur en bossant 40 heures par semaine, probablement qu’il bosserait 50 ou 60 heures hebdomadaires s’il travaillait différemment. Être slowpreneur, ce n’est pas travailler X heures par semaine, mais c’est faire moins, mais mieux par rapport à un mode entrepreneurial plus courant. Et surtout, c’est entreprendre avec sérénité en limitant au maximum le stress inutile et en obtenant quand même des bons résultats et en gagnant sa vie, etc. 

Moi, en tout cas, dans ce que je fais sur Ma Slow Boîte, mon objectif, c’est de permettre aux gens d’aller vers cette manière d’entreprendre plus sereine, mais en gagnant tout de même leur vie. Ce n’est pas “je divise mon temps de travail par deux” et du coup, “je vais forcément gagner deux fois moins”.

Maintenant que j’ai fait ce petit rappel, rentrons dans le vif du sujet.

Pour rédiger cet article, j’ai ressorti mes tableaux de chiffre d’affaires pour voir les revenus que j’avais faits, à chaque fois, dans la première année d’activité effective. Alors, pourquoi un an ?

Parce que, là aussi, j’ai sondé la communauté sur Instagram en lui posant cette question : “à partir de quand vous estimez que ça devient long de réussir à vivre de son activité ?”. “Plus d’un an” a été la durée qui a reçu le plus de votes. C’est pour cette raison que je me dis que c’est cette durée qui sera la plus parlante pour le plus de monde, tout simplement.

Démarrer son activité en slowpreneuriat

Mon bilan d’activité de freelance en 2017 / 2018

Pour rappel ou pour découverte, si jamais si tu fais connaissance avec moi en lisant cet article de blog, je me suis lancée à mon compte en octobre 2017 en tant que consultante en communication digitale.
J’accompagnais les entreprises dans leurs projets digitaux en tant que chef de projet externalisé.

Je les aidais à :

  • définir leurs besoins,
  • à rédiger le cahier des charges,
  • à trouver, choisir les prestataires pour la mise en œuvre,
  • je pilotais le projet.
 

Je suis aussi tombée enceinte en août 2017. Ça veut dire que j’ai démarré mon activité de freelance en étant enceinte, en sachant que j’allais avoir une pause pour accoucher et pour m’occuper de mon bébé au début. Je n’ai pas pris de clients avant mon accouchement. Les premiers mois de mon activité, je les ai passés à rencontrer d’autres freelances, à me refaire un réseau. Pour avoir des prestataires à proposer à mes clients par la suite. Je venais de revenir sur Bordeaux après 9 ans d’absence.
Entre octobre 2017 et juin 2017, j’ai pris un peu de temps de congé maternité. Avant mon congé maternité, je ne recherchais pas de clients. C’était comme si je n’étais pas officiellement lancée. J’étais vraiment que sur du réseau de partenaires.

Pour cet article, j’ai regardé mon chiffres d’affaires de juin 2018, quand j’ai repris mon activité, à juin 2019, c’est-à-dire un an à partir du moment où j’ai commencé à commercialiser mes services et à me faire connaître auprès de ma cible. À cette époque-là, je bossais environ 35 heures par semaine et je n’avais pas encore du tout développé tous les trucs que j’ai aujourd’hui pour optimiser mon temps de travail. Côté chiffre d’affaires, sur cette première année d’activité effective, j’ai réalisé très exactement 14 145 €, soit une moyenne de 1 178 € par mois. Si j’enlève les charges en micro-entreprise, ça fait des revenus nets mensuels d’environ 895 €.

Mon bilan d’activité 2021 avec Ma Slow Boîte

Maintenant, en comparaison, Ma Slow Boîte ! Ma Slow Boîte est un projet qui est revenu remplacer cette activité de freelance que j’ai démarrée en janvier 2021. Même si je n’ai pas proposé de produit avant mai 2021. J’ai commencé à générer des revenus en mai, mais je compte ces premiers mois de janvier à mai parce que je les ai utilisés pour développer mon activité, me faire connaître et créer ma première offre. Bref, j’étais officiellement et publiquement active pour développer mon business. Je veux vraiment comparer deux périodes comparables entre mes 2 lancements d’activités.

Cette année-là, j’ai travaillé entre 20 et 25 heures par semaine, en tout. Ce qu’il faut savoir, si jamais tu ne me connais pas encore assez, c’est que je n’ai pas que Ma Slow Boîte. Je donne notamment des cours en communication et gestion de projet dans des écoles du supérieur, ce qui me prend un à deux jours par semaine. Je travaille aussi en tant que bras droit du digital pour mon compagnon qui est praticien en médecine chinoise.

Les 20 et 25 heures de travail par semaine, c’est en prenant toutes mes activités. Ma Slow Boîte représentait concrètement environ 2 jours par semaine, soit 10 heures hebdomadaires. C’est-à-dire bien moins que l’activité freelance dans laquelle j’étais à plein temps en 2018. Cette fois, par contre, j’avais beaucoup progressé sur le “travailler mieux”.

Entre janvier 2021 et janvier 2022, j’ai réalisé seulement avec Ma Slow Boîte, 24 080 € de chiffre d’affaires, soit une moyenne de 2 006 € par mois et, une fois les charges passées, ça me fait un revenu mensuel net moyen de 1 525 €.

Concrètement, en comparant deux lancements d’activité sur la première année d’activité effective, j’ai travaillé plus que trois fois moins par semaine et j’ai gagné pas loin de deux fois plus.

Alors, ça peut paraître impressionnant, et là pour le coup, je peux dire que dans mon cas, j’ai concrètement travaillé moins pour gagner plus. En revanche, par souci d’honnêteté, je vais nuancer quelque peu ce résultat.

Démarrer-son-activité-en-slowpreneuriat-Laure-Dodier-Ma-Slow-Boîte

Mon analyse nuancée de la comparaison entre mes deux activités

L’importance du choix du business modèle

Le business modèle que j’ai choisi pour Ma Slow Boîte, la formation en ligne, y est pour beaucoup. Je ne vais pas dire que ça ne prend pas du temps de créer une formation en ligne. 

Par contre, une fois qu’elle est créée, ce sont ce qu’on appelle des revenus exponentiels. C’est-à-dire que je n’ai pas besoin de passer du temps à faire la formation. Les personnes sont en autonomie. Il faut quand même en tenir compte. 

Je n’aurais pas forcément eu ce même résultat en travaillant 10 heures par semaine en accompagnement individuel. C’est possible, mais sur un positionnement premium et, aujourd’hui, je ne peux pas l’affirmer puisque je n’ai pas testé les deux. 

Une manière de travailler qui change

Néanmoins, il n’y a pas que mon business modèle qui a changé. Il y a surtout ma manière de travailler.

L’autre grosse différence, c’est qu’aujourd’hui, en 10 heures de temps, je suis capable d’abattre quasiment la même charge de travail qu’avant en 20 ou 30 heures. Je suis devenue beaucoup plus efficace parce que :

  • je suis 100 % en phase avec ce que je fais.
  • j’ai adapté mes méthodes à qui je suis et ma manière de fonctionner.
  • j’ai accepté que mon organisation fonctionne pour moi, même si ce n’est pas la plus structurée du monde.
  • je suis ultra-sereine et concentrée la plupart du temps donc je travaille mieux, de manière plus productive et qualitative. Tout ça, ça n’a rien à voir avec le business modèle. Ça veut aussi dire que si j’avais été à temps plein sur Ma Slow Boite donc 20 / 25 h par semaine, j’aurais sans doute atteint ce chiffre d’affaires en moins d’un an. Ou sur la même durée, en tout cas, j’aurais sans doute fait bien plus.
 

Encore une fois, je donne mon exemple et il y a des centaines de manières de lancer un business avec d’autres métiers, d’autres business modèle et d’autres temps de travail hebdomadaires.

Le rythme de développement de son activité dépend des choix qu’on fait

Ce que je voulais te montrer en te donnant mon exemple concret, c’est qu’en réalité, rien n’est moins sûr que de dire qu’en slowpreneuriat, on met plus de temps à se développer qu’en travaillant de manière plus traditionnelle. 

Ça se peut qu’oui parce que peut-être dans ta manière d’être slowpreneur, tu vas décider de réduire beaucoup ton nombre d’heures. Mais, dans ce cas, tu vas accepter que ça mette un peu plus de temps. En revanche, ce n’est pas parce que tu divises ton horaire par deux que tu vas mettre deux fois plus de temps à développer ton activité. Parce que dans le slowpreneuriat, il y a aussi tout ce que tu vas améliorer dans ta manière de travailler pour aller plus à l’essentiel et donc travailler mieux et plus efficacement. 

Et puis, il se peut aussi que, non, ça ne prenne pas plus de temps parce que tu vas choisir un business modèle qui te correspond parfaitement. Et ce n’est pas que la formation en ligne ! Encore une fois, il n’y a pas que ça comme business modèle. 

En fait, tu vas peut-être réussir tout simplement à vendre plus facilement et à te développer plus facilement. Il se peut même que tu te mettes moins de temps à te développer que si tu suis un modèle d’entrepreneuriat plus lié à la quantité et à la performance. Parce qu’en slowpreneuriat, tu feras des choix différents, tu vas plus respecter ton énergie et donc, tu vas être plus efficace. 

En gros, ce que je veux te faire comprendre avec cet article, c’est qu’il n’y a pas de règle. Je le répète souvent. Tes résultats ne sont pas liés à ton temps de travail, mais à ce que tu en fais.

Déterminer le rythme de développement de son activité grâce à ses besoins financiers

Pense aussi que la seule chose qui définit le temps que tu peux te laisser pour développer ton business, ce sont tes propres besoins financiers.

Et ça, ça dépend des gens aussi :

  • Beaucoup vont se lancer en ayant, par exemple, un ou deux ans de chômage devant eux ou de la trésorerie de côté.
  • D’autres ont des partenaires qui gagnent de quoi vivre pour deux.
  • D’autres encore vont se lancer avec rien du tout, avec une plus grosse pression financière qui va les obliger à avoir vite des résultats.
 

À mon sens, c’est ça qui doit définir ce paramètre du “quand est-ce que je dois vivre de mon activité ?”. Et c’est certainement pas une sorte de norme, ni même des gens dans ton entourage qui vont te demander où tu en es dans ton activité en sous-entendant : « Ça y est ? Tu gagnes assez bien ta vie ? ». 

Dans certains cas, démarrer doucement n’est pas un problème, car il y a une sécurité financière qui est déjà là. 

En gros, se développer, même en plus d’un an, ce n’est pas toujours un problème. 

Je voulais le préciser aussi parce que je ne veux pas que tu te dises “ok, le slowpreneuriat, ça va me permettre de me développer vite”. Ça dépend de plein de paramètres !

Démarrer son activité en slowpreneuriat

La question à se poser pour déterminer son rythme de développement

La question à te poser, c’est ça : aujourd’hui, si tu démarres ton activité, au bout de combien de temps tu dois gagner ta vie pour être en sécurité financière ? Dans tous les cas, sache que démarrer en slowpreneuriat, ce n’est pas forcément ce qui va te faire arriver plus lentement au résultat.

Voilà pour le sujet du jour. Merci beaucoup d’avoir lu cet article jusqu’au bout ! Si tu l’as apprécié, tu peux le partager sur le réseau social de ton choix et venir m’en dire un petit mot via ma messagerie Instagram ou par email.

Si tu as envie de transformer profondément ton business pour en faire un slowbusiness avec une feuille de route claire où, justement, je t’apprends à faire tout ce que j’ai fait ces dernières années pour arriver aux résultats que j’ai partagés avec toi aujourd’hui. Même sans créer une formation en ligne ! 

Je te mets le lien vers le programme Ma Slow Boîte pour que tu puisses y jeter un œil. Ça marche aussi si tu te lances et que tu veux démarrer directement en slowpreneuriat. Parce que non, ça veut pas dire que ce sera plus long. Tu n’as pas besoin de d’abord travailler beaucoup et dur pour ensuite ralentir. 

Le slowpreneuriat, c’e n’est pas un luxe, c’est un choix de vie que tu vas faire !

Je ne m’impose aucun rythme de rédaction et préfère publier des articles de blog quand l’inspiration est là. Le meilleur moyen de ne pas les rater, c’est de t’inscrire à mon
infolettre.