Si tu lis cet article, c’est, a priori, parce que tu es ou souhaites devenir freelance.
C’est un choix que la majorité des gens font pour gagner en liberté.
Liberté de travailler quand ils veulent, d’où ils veulent, avec les clients qu’ils veulent et, non-négligeables, de la manière qu’ils veulent !
Quand tu es freelance, tu es totalement libre de choisir ton business model, c’est-à-dire, la manière dont tu vas gagner de l’argent : le contenu, le format et le prix de tes prestations.
Ton temps de travail, le niveau d’efforts nécessaire et tes revenus sont directement liés à ce business model. Et ce qu’on remarque, c’est que la majorité des freelances qui exercent le même métier le font pourtant avec des business models assez similaires.
Par exemple, la plupart des community managers vont proposer des forfaits mensuels avec un nombre variable de publications dedans.
La plupart des graphistes vont proposer des forfaits selon le projet avec un brief de départ, une ou plusieurs propositions, un certain nombre de modifications à partir de ces propositions et une livraison de fichiers.
La plupart des thérapeutes vont proposer des séances individuelles entre 30 minutes et 1 h 30, avec un tarif associé.
En soi, rien de mal à ça, mais ce que je veux pointer, c’est que même en freelance, il existe certaines normes pour chaque métier et qu’on ne prend pas toujours le temps de se demander si ça nous convient ou si ça colle au style de vie qu’on souhaite.
Parfois, c’est même ça qui fait qu’on se retrouve à moins aimer son job alors que c’est peut-être juste ce modèle qui ne nous convient pas.
Et je m’inclus là-dedans complètement quand je dis ça parce que quand j’ai commencé en freelance, je faisais de l’assistance à maîtrise d’ouvrage pour les entreprises qui voulaient créer ou refondre leur site internet. En termes plus simples, j’étais chef de projet web externalisé donc je les aidais à cadrer le projet, je faisais le cahier des charges, je faisais les demandes de devis auprès des prestataires, je les aidais dans la sélection de ces derniers et une fois l’équipe constituée, je pilotais le projet. Je faisais tout le suivi.
Ce suivi, concrètement, ça voulait dire m’assurer que chaque prestataire avançait au bon rythme, que l’entreprise-cliente leur fournissait les informations nécessaires, que les livrables étaient conformes au cahier des charges. J’étais aussi là pour lever d’éventuels blocages dans le processus, comme des incompréhensions, des désaccords, etc.
Côté rémunération, j’avais un tarif horaire et selon la taille de chaque projet, j’estimais le temps qui me serait nécessaire quand je faisais mon devis. J’avais des conditions de règlement en 3 fois, avec un acompte au démarrage, un second à la validation des maquettes du site et le reste, à la mise en ligne. Si j’ai choisi ce business model, c’est parce que c’était exactement ce qui se faisait dans l’agence où je bossais avant. J’avais eu beau voir les défauts de ce modèle, notamment le fait que ces projets prenaient toujours des mois, je ne me suis même pas posée la question à l’époque.
Je me suis dit qu’après tout, c’était ce que voulaient les clients et je me suis lancée comme ça.
Sauf qu’au bout de 2 ans et demi, je me suis rendu compte que ces projets qui traînaient en longueur, ça ne me correspondait pas du tout. Déjà, dans la manière de travailler, mais aussi financièrement parce ma rémunération dépendait directement de l’avancée du projet. Et même si cette avancée faisait partie de mon rôle, souvent, je me confrontais à des clients qui n’avaient pas que ce projet dans les tuyaux et qui mettaient du temps à faire des retours ou à fournir des contenus, etc. Et ma motivation a grandement baissé au fur et à mesure. Pour m’assurer d’offrir la même qualité à mes clients qu’au début, ça me demandait beaucoup plus d’énergie.
Du coup, même si, depuis, j’ai arrêté cette activité pour faire de la place à Ma Slow Boîte, entre temps, j’avais changé de business model. Je m’axais sur des ateliers de co-construction et des formations en visant des jeunes entreprises qui avaient moins de budget, mais plus envie de faire les choses par elles-mêmes. On faisait le cahier des charges ensemble, je leur apprenais à faire le suivi de leur projet et ils étaient autonomes ensuite. Les ateliers étaient payés intégralement en amont et, de mon côté, je mettais juste en forme ce qu’on avait défini ensemble donc ça me prenait environ 2 heures en plus de chaque atelier. Ça me demandait, certes, plus de clients pour avoir le même chiffre d’affaires, mais ma nouvelle cible avait plus de potentiel en termes de quantité. Des jeunes entreprises, il y en a beaucoup. Et qui ont besoin d’un site, il y en a beaucoup aussi. Surtout, j’offrais finalement une alternative au schéma classique qui ne rentrait pas dans leur budget.
À cette époque, je faisais aussi plus de formations pour les pros de manière générale sur des journées ou des demi-journées, notamment pour des pépinières d’entreprises, donc avec des groupes. Et idem, j’étais payée plus rapidement et le temps de travail hors présence lors de la formation était minimisé, surtout quand je réutilisais les mêmes thématiques.
Là, je viens de te donner un exemple de comment il est possible de travailler moins pour gagner plus. Ce qui était bien le cas puisque même si je gagnais à peu près la même chose, ça me prenait moins de temps, beaucoup moins d’énergie et de charge mentale. J’étais beaucoup plus rentable, et pas que financièrement.